Calcul du kilomètre-effort

Deux courses de 50 km n'ont rien à voir si l'une monte de 1 000 mètres et l'autre de 3 500. Cet outil les ramène à une distance comparable — avec deux méthodes, parce qu'elles ne donnent pas le même résultat.

À quoi ça sert

Comparer deux courses qui n'ont pas la même distance ni le même dénivelé, et savoir laquelle est vraiment la plus dure. Ou traduire un parcours en « kilomètres à plat » pour vous donner un ordre de grandeur de l'effort à fournir.

Comment ça marche

  1. Recopiez la distance, le D+ et le D− de chaque course (ils sont sur le site de la course).
  2. Réglez la pente moyenne des montées et des descentes. Sans profil détaillé, il faut bien en supposer une.
  3. Lisez les deux résultats : la règle française (100 m de D+ = 1 km) et le coût énergétique mesuré. L'écart entre les deux, c'est le poids des descentes.

Pour un chiffre précis sur votre propre sortie, passez plutôt par le calculateur de VAP avec un GPX.

Les deux parcours

CourseDistance kmD+ mD− m

Sans profil détaillé, il faut bien supposer une pente. 15 % est une valeur courante en moyenne montagne ; monte à 25 % pour un parcours très raide, descends à 8 % pour des chemins roulants.

Pourquoi deux résultats

La convention française ajoute 1 kilomètre tous les 100 mètres de dénivelé positif. C'est la règle utilisée notamment pour plafonner les courses jeunes. Elle a le mérite d'être calculable de tête — et le défaut d'ignorer complètement les descentes, comme si dévaler 3 500 mètres revenait à courir sur du plat.

Le coût énergétique mesuré vient des travaux de Minetti et ses collègues, publiés en 2002, qui ont mesuré en laboratoire la dépense de la course et de la marche de −45 % à +45 % de pente. C'est la base du Grade Adjusted Pace de Strava. Il dit deux choses que la première méthode ne dit pas :

  • Une descente modérée coûte moins cher que le plat. Le minimum se situe vers −18 % de pente, où un mètre parcouru coûte environ la moitié d'un mètre à plat.
  • Une descente très raide coûte plus cher que le plat. À −45 %, on repasse au-dessus.

Le modèle retient aussi, pour chaque pente, le moins coûteux entre courir et marcher — ce que fait n'importe quel coureur dans un raidillon. Dès que ça monte, marcher devient plus économique.

Source : Minetti A.E., Moia C., Roi G.S., Susta D., Ferretti G., « Energy cost of walking and running at extreme uphill and downhill slopes »,Journal of Applied Physiology, 93(3), 2002, p. 1039-1046.